Dany Rodrigue

Dany Rodrigue

FOUS·TOI·EN

Mode d'emploi des injonctions contradictoires

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Dany Rodrigue
févr. 09, 2026
∙ abonné payant
Note de l’auteur : Ce texte est une expérience de pensée à vif, et il est complet. Si vous commencez à descendre, vous aurez accès à l’intégralité du récit, de la pub Febreze jusqu’à la dissonance cognitive finale. Gratuitement.
Le mur payant que vous trouverez tout en bas n’est pas une prise d’otage, c’est une porte dérobée. Derrière, j’ai laissé les “graines” : les ébauches de la suite de Marc, les images que j’ai rejetées et les coulisses de ce chaos.
Vous pouvez tout lire sans payer. Mais si vous décidez de franchir le mur, vous ne payez pas pour la fin de l’histoire, vous payez pour financer le gars qui refuse de réparer sa machine à boules.
Bonne lecture (ou bon sabotage).

Quelqu’un m’a dit, récemment :
« Fous-toi-en. »

C’était un conseil.
Un bon conseil, même.
Le genre de conseil qu’on donne aux gens qu’on aime bien, quand on veut les débloquer.

« Fous-toi-en de ce qu’ils pensent. »
« Dis ta vérité. »
« Publie. »

Donc j’ai écouté.
Je me suis dit : ok.

Je vais me foutre de tout.
Je vais écrire.
Je vais publier.

Sans calculer.
Sans stratégie.
Sans simuler les résultats.
Juste... écrire.

— Facile, non ? —

Attends. ⏸️

Si je me fous vraiment de tout, pourquoi je suis en train d’écrire ça ?
Non, merde, c’est pas ça, la question.

La question c’est :

est-ce que je peux vraiment me foutre de tout ET écrire quelque chose ?

Parce que si j’écris, c’est que je veux être lu.
Et si je veux être lu, c’est que je me fous pas de tout.

Donc...

Non.
Je me reprends.

Peut-être que « fous-toi-en » ça veut dire : écrire sans se soucier du résultat.
Ouais.
Ça doit être ça.

Donc je peux écrire.
Et publier.
Et si personne le lit, je m’en fous.

Ok. Ça marche. Je continue.

Mais là, une petite voix dans ma tête.
Une voix bien intentionnée, tu vois.
Le genre qui veut t’aider.

Elle nuance, évidemment :

« Ouais, mais quand même... »
« Fous-toi-en, mais sois sincère. »

Ah. Ok.

Donc je dois m’en foutre, mais être sincère.

Ça veut dire quoi, être sincère ?
Ça veut dire : dire ce que je pense vraiment.

Mais qu’est-ce que je pense vraiment ?
Est-ce que je le sais ?

Est-ce que ce que je pense maintenant, c’est ce que je pense vraiment,
ou juste ce que je pense parce que je suis en train d’écrire ?

Merde. Ça veut dire que je dois me surveiller. Sinon je pourrais écrire un truc qui va me hanter, même si sur le coup, je m’en foutais.

Non, attends. ⏸️

Je complique.

Être sincère, ça veut juste dire : pas mentir.
Ok.

Donc je peux me foutre de tout, mais pas mentir.
Je dois peser un minimum mes mots.

Donc je me fous pas COMPLÈTEM̴̢̛̗͎ENT de tout.

Hmm…

Une autre voix :

« Fous-toi-en, mais assume les conséquences. »

Ah ouais.
Les conséquences.

Donc si j’écris un truc et que quelqu’un est blessé, c’est ma faute.

Mais je me fous de tout, non ?

OK. Reset. ⏸️

Me foutre de tout, ça veut pas dire blesser les gens.

Ça veut dire... quoi, déjà ?

Ça veut dire : ne pas être paralysé par la peur du jugement.
Ok.

Donc je peux écrire sans peur,
mais je dois quand même pas blesser.

Donc je dois faire attention.
Attention qui mène à recalculer.
Recalculer qui mène à paralyser.
Paralyser qui mène à disparaître.
Disparaître, c’est ce qu’on voulait m’éviter.
M’éviter, c’est exactement ce que je fais.

C’est le début d’une lobotomie sociale : les voix dans la salle me regardent, jugent, et petit à petit, je m’ampute avant même qu'ils soient dérangés.

Et si je coupe trop ?
Et si je coupe pas assez ?

Comment je sais où est la limite entre “un peu” et “trop” ?
Je sais pas.

— J’ai pas envie de devenir un homme-moignon —

Ok.
Je continue quand même.

Tiens, j’ai une idée.
Une putain de vraie.

Le genre d’idée qui fait dire aux gens :

« Ah, là t’as un truc. »
« Garde juste cette pépite-là, développe-la, tu vas briller plus vite. »
« Laisse tomber le reste, c’est juste du bruit »

— Ok. Bifurcation sous surveillance —

Et si j’écrivais un texte sur un type qui reçoit des messages de son futur lui-même ?

Genre, il est sur le point de publier quelque chose,
et il reçoit un message qui dit :
« Ne publie pas ça. »

Et lui il se demande : pourquoi ?

Et le futur lui répond :
« Parce que ça va mal tourner. »

Et le présent lui dit :
« Mais comment tu sais ? »

Et le futur lui dit :
« Parce que je l’ai fait. »

Ça, c’est un vrai texte.
Pas cette merde introspective qui s’…suinte, malgré moi.

Ça aurait une structure.
Un concept.
Un truc vendable.

Ouais.
Je devrais écrire ça…

…
…cli—
…cliiiiii—
…shhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh…

…………………………….

…………….

…….

…

Le type, appelons-le Marc, il est devant son laptop.
Il hésite.

Il a écrit un texte.
Un texte personnel.
Un texte qui expose des choses sur son ex.
Sur leur relation toxique.
Sur les mensonges.
Les manipulations.
La vérité brute.

Publier ou pas ?

Sa main ne bouge pas.
Reste posée sur ses genoux.
Mais il jurerait que son ombre veut cliquer à sa place.
Le bouton « Publier » brille sur l’écran comme une tentation.

Et là, une notification apparaît à l’écran.

Message entrant. Expéditeur inconnu.

« Ne publie pas. »

Marc fronce les sourcils.
Il fixe son écran.

Personne ne sait qu’il est en train de faire ça.
PERSONNE.

Il a même fermé tous ses onglets, débranché sa webcam.
Parano ? Peut-être, mais prudent.

Il tape :
« Qui êtes-vous ? »

Pas de réponse pendant trente secondes.
Le curseur pulse.
Marc sent son pouls accélérer.

Puis :
« Toi. Dans trois ans. »

Marc rigole.
Un rire nerveux, creux.

Évidemment, un prank.
Quelqu’un qui a deviné.
Quelqu’un qui le connaît trop bien.

Son coloc, peut-être.
Ou son ex elle-même qui a hacké son ordinateur.

Impossible autrement.

Mais il demande quand même :
« Prouve-le. »

Parce qu’il a besoin de savoir qui se fout de sa gueule.

Et là, le futur Marc répond :

« Ce matin, tu t’es réveillé à 6h47.
Pas à cause de ton alarme.
À cause du rêve.

Le rêve où tu te noies dans un aquarium
et elle regarde de l’autre côté de la vitre en souriant.

Tu as pleuré dans ton oreiller pendant ce qui t’a semblé une éternité.

Ensuite tu t’es levé, t’as croqué ton Xanax,
et tu t’es dit :

“Aujourd’hui, je publie.
Aujourd’hui, je me libère.
Aujourd’hui, je m’en fous.”

Marc recule sa chaise.
Fixe l’écran.
Relit le message.

Six heures quarante-sept.
Le rêve.
L’aquarium.
L’éternité.
L’anxiolytique.

PERSONNE.
Personne ne peut savoir ça.

Il tape avec des doigts tremblants :
« Comment... ? »

« Parce que je me souviens.
Parce que je l’ai vécu.
Parce que dans trois ans, ce moment sera celui que je regretterai le plus.

Le moment où j’aurais dû t’écouter.
M’écouter. »

Marc se lève.
Fait les cent pas.

“What the fuck. What the actual fuck.”

C’est pas possible.
C’est scientifiquement IMPOSSIBLE.

Mais les détails.
Ces putains de détails.

Il tape :
« Si t’es vraiment moi, dis-moi pourquoi.
Pourquoi je dois pas publier. »

La réponse arrive en trois messages distincts.
Chacun avec un délai.

Comme si le futur Marc hésitait.

« Parce qu’elle va pas réagir comme tu penses. »

« Elle va pas s’effondrer. »

« Elle va te détruire. »

Marc ricane. Est-ce que le Xanax fait déjà effet ?

Elle peut plus rien lui faire.
Il a toutes les preuves.
Les captures d’écran.
Les témoignages.
La vérité.

Il tape :
« J’ai tout.
Elle peut rien contre moi. »

Le futur Marc répond immédiatement cette fois :

« Tu crois que la vérité protège.
C’est mignon, Marco.

Dans six heures, si tu publies,
elle va lancer une campagne.

Elle va dire que t’es obsédé.
Que t’as inventé des preuves.
Que t’es dangereux.

Elle va contacter ta famille,
tes amis,
ton boss.

Elle va trouver des gens que tu connais même pas
pour témoigner contre toi.

Et dans trois jours,
tu recevras un email de ton employeur.
Suspension.
Enquête interne.

Dans deux semaines,
ta mère t’appellera en pleurant
parce qu’elle sait plus quoi croire.

Dans trois mois,
tu seras seul.
Vraiment seul.

Et dans trois ans,
tu seras moi.
En train d’essayer de t’empêcher
de faire la même erreur. »

Marc fixe l’écran.

Son cœur cogne.

C’est trop précis.
Trop détaillé.
Trop... réel.

Il a une idée.
Un test.

Il tape :
« Si t’es vraiment moi dans le futur,
tu te souviens de ce que je vais écrire maintenant.
Donc écris-le avant moi. »

Un silence de quarante secondes.

Puis :

« Tu vas demander :
“Quel est le mot que personne connaît sauf moi ?” »

Marc sent un frisson rétroactif lui parcourir la colonne.

C’était exactement ce qu’il allait écrire.
Exactement.

Il tape quand même :
« Quel est le mot que personne connaît sauf moi ? »

« Sycorax. »

Marc regarde le message…

Puis son doigt.
Qui tremble exactement comme... non.
Comme il se souviendra qu’il tremblait.
Comme si le souvenir se formait en même temps que le moment.

Marc arrache ses mains du clavier.
Son cœur s’emballe.
Une chaleur dans la poitrine.
Ou une brûlure.

Sycorax.

Le nom de la sorcière dans La Tempête de Shakespeare.
Le nom qu’il s’est donné dans son journal intime
quand il avait treize ans.

Un nom qu’il n’a jamais dit à personne.
Jamais écrit nulle part,
sauf dans ce cahier
qu’il a archivé par le feu à dix-huit ans.

Comment.
COMMENT.

Il se rassoit.
Respire.


Ok.
OK, admettons.

Admettons que c’est vrai.
Que c’est vraiment lui.
Que le futur existe
et communique avec le présent.

Il tape :
« Donc je fais quoi ?
Je publie pas ?
Je la laisse gagner ? »

« Non. Tu attends. »

« J’attends quoi ? »

« Deux ans et quatre mois. »

« Pourquoi ? »

« Parce que dans deux ans et quatre mois,
elle va faire une erreur.

Une vraie erreur.
Publique.

— IN . DÉ . NI . A . BLE —

Et à ce moment-là,
quand tu publieras ton texte,
personne pourra dire que t’es obsédé.

Parce que le contexte aura changé.
Parce que d’autres auront parlé.
Parce que tu seras entouré. »

Marc hésite.

Deux ans et quatre mois.
C’est long. C’est trop long.

Il tape :
« Et si j’attends pas ?
Si je publie quand même ?
Qu’est-ce qui se passe ? »

Le futur Marc met du temps à répondre.

Puis :

« Ma branche continue… mais ce sera pire.
Tu vivras ce que j’ai vécu.
Tout ce que je t’ai décrit.
Et un jour, toi aussi, tu regretteras assez
pour essayer d’envoyer un message à ton passé.

Mais si tu attends… ma branche s’efface.
Je disparais pour que tu survives.
C’est le seul moyen. »

Marc fixe l’écran.

C’est quand même beaucoup de métaphysique
pour un bouton qui dit juste « Publier ».

Son index flotte au-dessus du trackpad.

Le bouton « Publier » pulse toujours.

Et cette question qui le ronge :

Est-ce qu’il fait confiance à son futur lui-même ?
Ou est-ce qu’il fait confiance à son instinct présent ?

Est-ce que la sagesse,
c’est d’écouter celui qui est déjà passé par là ?

Ou est-ce que la liberté,
c’est de faire ses propres erreurs, même si ça mène dans un mur ?

Il regarde l’écran.
Puis le bouton.
Puis l’écran.

Le futur Marc écrit un dernier message :

« Je peux pas te forcer.
Je peux juste te supplier.

S’il te plaît.
Attends.
Fais-moi confiance.
Fais-toi confiance.

Et souviens-toi : dans mon timeline, j’ai publié.
J’ai tout perdu.

Mais en t’envoyant ça, je crée une branche où tu vis mieux.
Où je vis mieux, à travers toi.

Si tu attends… je disparais pour que tu survives. »

Et là, ça le frappe :
ce n’est pas une boucle.
C’est un sacrifice déguisé en choix.

Son futur soi se suicide temporellement pour lui.

Mais est-ce altruiste... ou égoïste ?

Parce que dans trois ans,
lui deviendra ce futur Marc.

Il portera, sans l’avoir vécu,
le poids de cette branche effacée.

Et il enverra le même message à son passé,
perpétuant le cycle des sacrifices infinis.

Marc ferme les yeux.
Sa main tremble.

Et juste avant de prendre sa décision…

…………………………………………………

…clLlk…clk…cL—

Ok.

S T O P

Qu’est-ce que je fais, là ?

Est-ce que je viens de me construire un putain de scénario de film comme alibi ?
Pour me prouver que je suis légitime d’écrire sur les injonctions ?

Qui je cherche à convaincre,
moi ou le lecteur ?

Ouin…
Je devrais peut-être juste continuer à creuser ce que je viens de déterrer
pis fuck le reste.

…

Ah.
Merde.

Je suis sur le bord de faire exactement ce que l’injonction disait :

« Garde juste la pépite, tu vas briller plus vite. »

…

Non.
Je la laisse là.
Comme pièce à conviction.

(Écoute-moi, avec mon vocabulaire de cour… intérieure.)

Ah pis…
je continue ce bordel.

Ok.
On re-part.

Résumons. 🔄

On me dit : fous-toi-en.

Mais en fait, on me dit :

Fous-toi-en, mais assume.
Fous-toi-en, mais sois sincère.
Fous-toi-en, mais ne sois pas violent.
Fous-toi-en, mais ne blesse personne.
Fous-toi-en, mais garde un minimum de cohérence.
Fous-toi-en, mais si ça marche, on dira que tu as calculé.
Fous-toi-en, mais si ça marche pas, on dira que tu t’en foutais vraiment.

Donc...

Quoi que je fasse, j’ai tort.

C’est ça ?

C’est un piège logique.
Un piège dont je peux pas sortir.

Ou peut-être que je peux.
Si je le vois, je peux le contourner.
Non ?

Et si je me foutais de « fous-toi-en » ?
Me foutre de l’injonction de m’en foutre.

— Foutre² —

Mais… ça veut dire quoi, ça ?
Si je me fous de l’injonction…
est-ce que je m’en fous vraiment ?
Ou je calcule encore,
juste à un niveau élite ?

Meta-élite du doute ?

Je crée juste une nouvelle couche, une nouvelle stratégie.

— Merde² —

Parce que la seule façon de prouver que je m’en fous vraiment,
c’est de ne rien publier.

Mais si je publie rien, je m’exprime pas.
Donc je me tais.
Donc je disparais.

Donc c’est pas ça qu’on veut.

On veut que je publie.
Mais sans vouloir que ça marche.

Mais si je veux pas que ça marche, pourquoi je publie ?

Juste pour exister ?
Ça suffit, ça ?

Tiens, je m’imagine un lecteur.

Un qui lit ce texte et pense :

« Ce type, il exagère. »
« Il caricature. »
« Personne ne lui demande d’être parfait. »
« Il se victimise. »

Ah. Ok.

Maintenant, en plus des injonctions, j’ai des accusations.

Je suis en train de me victimiser.

Est-ce que c’est vrai ?

Peut-être.

Ou peut-être que je décris juste ce que je ressens.

Mais décrire ce que je ressens,
est-ce que c’est se victimiser ?

Ou c’est juste... être ?

Je sais pas.

Mais maintenant, j’ai peur.

Peur que ce texte soit mal compris.
Peur qu’on pense que je me plains.
Peur qu’on pense que j’attaque.
Peur qu’on pense que j’ai calculé.

Donc je me corrige en temps réel… par anticipation.

Donc je me fous pas de tout.

Donc j’applique pas le conseil bienveillant qu’on m’a donné.

Donc je suis un imposteur.

Ou pas.

Je sais pas.


⚠️ AVERTISSEMENT PUBLICITAIRE ⚠️

Transcript d'une réunion interne qui s'est tenue dans mon corps ce matin à 4h47:

ESTOMAC : « On peut plus continuer comme ça. »
PIEDS : « Agreed. Y’écrit des textes de 10 000 mots. Gratis. »
CERVEAU : « Mais… l’art doit être libre. »
FOIE : « TA GUEULE. T’as pas de budget. »
PANCRÉAS : « Motion : on accepte des pubs. »
CERVEAU : « JAMAIS. Je vais pas vendre mon intégrité. »
ESTOMAC : « Ok, on te coupe les vivres. »
PIEDS : « Pis on te crisse en bas des marches. »
CERVEAU : « …vous bluffez. »
INTESTINS : « Try us. »

[Silence de 3 secondes]

CERVEAU : « …ok. Mais on garde le contrôle éditorial. »
RATE : "Tant que tu manges. Deal.."


Donc voilà.
🎶 Cette matinée, mon corps a mutiné.
Mes organes ont conspiré.
Pis ma santé s’est contractée. 🎵

Trois phrases. Un rigodon improvisé.
J’arrête avant que ça devienne une chanson à répondre.

En d’autres mots, à partir d’ici, il y aura du placement de produit dans mes textes. Parce que pondre 10 000 mots en restant conscient, ça mange du cash.

Chu pas un vendu. C’est juste que mon corps a voté. Pis j’ai perdu. Comme d’hab.

…

CERVEAU : « OK mais… les abonnés qui payent, ils sont pognés à se claquer des pubs aussi ? »
ESTOMAC : « On s’en calisse. Ils payent déjà. »
CERVEAU : « Mais… c’est pas juste »
FOIE : « Écoute, moi je filtre de la bière cheap pis du Tylenol expiré depuis 15 ans sans me plaindre. Eux autres peuvent endurer 30 secondes de AXE™. Deal with it. »
RATE : « Ben oui. Comme toi t’es pogné de respirer de l’air pollué. Comme moi j’suis pognée de filtrer ta marde. »
CERVEAU : « … »
RATE : « Relax. Just Do It. C’est pas de la pub. C’est la réalité qui a trouvé un commanditaire. »
COLON : « Bienvenue dans l’écosystème. »
PIEDS : « Motion adoptée. »
👣🎶👣🎵👣🎶👣🎵👣
Bon. Ça y est. J’viens de commencer à giguer.

⚠️ FIN DE L’AVERTISSEMENT ⚠️


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je publie n'importe quoi sans réfléchir !"
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isolation progressive.
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FOUTRE-TOI-EN™ — Parce que l'authenticité,
c'est pour les faibles.

Retour au programme principal. Désolé, c'est le prix à payer pour consommer gratuitement ce qui émane de ce cerveau rafistolé avec du Xanax, du weed, pis une deadline imaginaire.
💡 D'ailleurs, si t'aimes ce bordel : → Abonne-toi pour recevoir mes prochaines descentes → Partage ça à quelqu'un qui reçoit trop de conseils bienveillants (Je te juge pas si tu le fais pas. C'est juste une injonction de plus.)

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Bon, ok. Nouvelle stratégie. 🛠️

Et si je faisais exprès ?
Et si j’annonçais ce texte à l’avance ?

Genre :

« Dans trois jours, je publie un texte. »
« Il sera disponible pendant 24 heures. »
« Après, je le rends payant. »

Ça, c’est une stratégie marketing classique.

Donc si je fais ça, et que ça marche, on dira :

« Ah, il a calculé. »

Et si ça marche pas, on dira :

« Ah, il s’en foutait. »

Donc...

Je peux pas gagner.

Minute. ⏸️
Attends une seconde. Part pas. Je l’ai.

Si je fais exprès et que ça marche → je suis un calculateur.
Si je fais exprès et que ça rate → je suis un mauvais calculateur.
Si je fais pas exprès et que ça marche → je suis un calculateur qui cache son jeu.
Si je fais pas exprès et que ça rate → ah ben oui, normal, tu t’en foutais.

Dans trois cas sur quatre, coupable.
Dans le quatrième, invisible.

— C’est quoi ce système de merde ? —

(Avertissement : cette section va ruiner ma crédibilité… pis la tienne aussi, par association.)

…

Sauf que...

Si j’annonce que c’est une stratégie.
Si je dis ouvertement :

« Je fais exprès. »
« C’est une expérience. »
« Je veux voir ce qui se passe. »

Là, je suis honnête.
Donc je suis sincère.
Donc j’ai le droit.

Non ?

Ou est-ce que dire que c’est une expérience,
c’est juste un prétexte pour manipuler ?

Je sais pas.

Mais en même temps, tout est manipulation.

Choisir un titre, c’est manipuler.
Choisir un ton, c’est manipuler.
Publier à une heure précise, c’est manipuler.
Choisir des images, c’est manipuler.
Mettre en italique le mot manipuler, c'est manipuler.

Pis le mettre en gras, c'est contester l'injonction de mettre manipulé en italique.

Manipuler. Le mot est fort ? ou trop précis ?

Ok, disons plutôt : orienter, influencer, cadrer.

Mais au fond, c’est la même chose.

Donc...

Autant l’assumer.

Attends.

Je viens de faire quoi, là ?

J’ai mis « manipuler » en italique
pour montrer que je pense le mot
au lieu de le dire tout court.

Mais en faisant ça, j’ai manipulé ta lecture.

Je t’ai forcé à ralentir. À remarquer le mot. À le rendre plus pesant.

Donc…

Mettre en italique le mot manipuler,
c’est littéralement manipuler.

Et là, t’as remarqué ?

Je viens de te manipuler
en t’expliquant comment je te manipule.

Couches.
Infinies.

Je peux pas m’en sortir.

Toi non plus.

🚏 Bienvenue à 👉 :

🌆 — M̴̢̛̗͎A̷̧̰̓N̶̰̈́I̴̘͝P̶̰̃U̶͚̾L̸̀E̵̱͝R̸̰̕² — 🏞️

🗺️ GUIDE DU VOYAGEUR INVOLONTAIRE

Destination : Le Royaume de M̴A̷N̶I̴P̶U̶L̸E̵R̸
Durée du séjour : Permanente
Visa requis : Déjà tamponné
(vous l’avez pas vu passer)

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

CHAPITRE 1 : OÙ SUIS-JE ?

Vous êtes maintenant dans un monde
où chaque phrase a trois significations :

  1. Ce qu’elle dit

  2. Ce qu’elle veut dire

  3. Ce qu’elle essaie de te faire faire

Exemple :

« Fais ce que tu veux. »

  • Traduction niveau 1 : Fais ce que tu veux.

  • Traduction niveau 2 : Fais pas ça.

  • Traduction niveau 3 : Si tu fais ça, assume les conséquences que je vais orchestrer.

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

CHAPITRE 2 : LES HABITANTS

Trois espèces cohabitent ici :

🔴 LES MANIPULATEURS CONSCIENTS
Ils savent qu’ils manipulent.
Ils assument.
Ce sont les plus honnêtes.
Personne les aime.

🟡 LES MANIPULATEURS INCONSCIENTS
Ils pensent qu’ils aident.
Ils croient qu’ils conseillent.
Ils sont convaincus d’être authentiques.
Ce sont les plus dangereux.

🟢 LES MANIPULÉS QUI PENSENT PAS L’ÊTRE
Eux pensent qu’ils voient clair.
Qu’ils ont compris le système.
Qu’ils jouent le jeu en connaissance de cause.
Ils ont juste changé de cage.

(Toi, t’es dans quelle catégorie ?
Attends. Réponds pas.
Ta réponse serait manipulée.)

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

CHAPITRE 3 : LA LANGUE LOCALE

Ici, on parle le M̴a̷n̶i̴p̶u̶l̸a̵n̸t̷.

Quelques expressions courantes :

« Je dis ça, je dis rien. »
→ Je viens de tout dire.

« C’est toi qui vois. »
→ C’est moi qui décide.

« Fais ce que tu veux. »
→ (Voir Chapitre 1)

« Sans vouloir te blesser… »
→ Je m’apprête à te blesser avec une précision préméditée.

« Tu fais ce que tu veux, mais… »
→ Voici exactement ce que tu dois faire,
déguisé en liberté de choix.

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

CHAPITRE 4 : MONNAIE LOCALE

Ici, on ne paie pas en argent.
On paie en :

💎 Culpabilité (la plus stable)
💎 Validation sociale (très volatile)
💎 Sentiment d’appartenance (rare, précieux)
💎 Peur de décevoir (inflation constante)

Le taux de change fluctue selon
le niveau d’estime de soi du jour.

Note : Certains accumulent sans jamais pouvoir dépenser.
D'autres sont en déficit permanent, peu importe ce qu'ils font.

Le système est conçu comme ça.

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

CHAPITRE 5 : OÙ DORMIR ?

Trois hôtels sont disponibles :

🏨 HÔTEL DE L’AUTHENTICITÉ™
Slogan : « Soyez vous-même (selon nos standards) »
Note : ⭐⭐⭐⭐ (4/5)
Commentaire :

« J’ai été moi-même toute la fin de semaine.
Épuisant. Je recommande quand même. »

🏨 AUBERGE DU JE-M’EN-FOUTISME
Slogan : « On s’en fout (mais lisez nos 47 règlements) »
Note : ⭐⭐⭐ (3/5)
Commentaire :

« Chambre correcte.
Staff indifférent (sauf quand tu brises une règle). »

🏨 MOTEL DU CONFORT ZONE
Slogan : « Restez où vous êtes »
Note : ⭐⭐⭐⭐⭐ (5/5)
Commentaire :

« Je suis arrivé pour une nuit.
Ça fait 14 ans.
J’ai arrêté de compter. »

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

CHAPITRE 6 : COMMENT PARTIR ?

Vous pouvez pas.

Mais vous pouvez faire semblant.

Remplissez le formulaire EXIT-404
au Bureau des Départs Théoriques.

On vous remettra un badge :

« JE SUIS LIBRE »*

* Conditions s’appliquent

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

Bon séjour.

(Comme si vous aviez le choix. 🕳️)

⚠️ AVIS AUX VOYAGEURS

Ce guide est approuvé pour distribution publique.

Si vous connaissez quelqu’un qui :

  • reçoit trop de conseils bienveillants

  • se demande pourquoi il se sent piégé

  • pense qu’il est libre
    (mais soupçonne le contraire)

faites-lui parvenir ce document officiel.

Partager

Note :
Le partage de ce guide peut causer
des prises de conscience inconfortables.

Procédez avec prudence.

━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━━

Bon.

J’ai peut-être exagéré avec le guide touristique du Royaume de M̴̢̛̗͎A̷̧̰̓N̶̰̈́I̴̘͝P̶̰̃U̶͚̾L̸̀E̵̱͝R̸̰̕ ?

Mais attends.

C’est pas moi qui ai inventé ces règles-là.

J’applique juste le conseil que tout le monde garoche à tout le monde. 🤷‍♂️😎

— ◢ G̸U̷I̴D̶A̸G̷E̶ ̵D̷Y̴S̶T̸O̷P̴I̶Q̸U̷E̶ ̵A̷U̴T̶O̸-̷I̴N̶F̸L̷I̴G̶É̸ ◣ —

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🚨 NOUVEAU PRODUIT RÉVOLUTIONNAIRE 🚨

AUTEUR EN DÉTRESSE™
Format Substack – Livraison hebdomadaire

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💀 ENFIN DISPONIBLE : UN AUTEUR QUI SE VEND LUI-MÊME ! 💀


TU PENSAIS QUE LE SPRAY “FOUTRE-TOI-EN” C’ÉTAIT PATHÉTIQUE ?

ATTENDS DE VOIR ÇA.

CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT

✓ Crise existentielle authentique à chaque publication
✓ Anxiété certifiée bio (sans BZD, 100 % homegrown)
✓ Méta-analyse de sa propre manipulation en temps réel
✓ Auto-sabotage intégré (aucune pile requise)
✓ Parfum signature : Procrastinol & Validatol
✓ Deadline comme seule motivation


INGRÉDIENTS :

  • Crise identitaire

  • Procrastination chronique

  • Over-thinking artisanal

⚠️ AVERTISSEMENT :
Peut causer identification inconfortable, remise en question existentielle
et envie de recommencer à zéro.

EFFET SECONDAIRE FRÉQUENT :
Sentiment d’être espionné par tes propres pensées.

ABONNE-TOI ET REÇOIS GRATUITEMENT :

→ Mon incapacité à arrêter de m’analyser
→ Des idées qui auraient dû rester dans ta tête
→ De la littérature de décompensation

TÉMOIGNAGES :

« J’ai lu deux paragraphes et j’ai dû appeler mon psy. »
— Lecteur anonyme

« Pourquoi tu fais ça publiquement ? »
— Ta mère

AUTEUR EN DÉTRESSE™
« Quelqu’un doit monétiser son anxiété.
Autant que ce soit moi. »

Séjour permanent. Non remboursable.
Ton cerveau te remercie (ou pas).

Médication psychotrope vendue séparément.*
*Certaines conditions s’appliquent.

…

…

Et là, comme une habitude qui n’a jamais demandé mon avis, une voix me tapote une épaule mentale et CHUCHOTE très fort :

« T’es en train de justifier la manipulation. »
« T’es en train de dire que c’est ok. »
« T’es dangereux. »

Ah. Merde.

Je ne justifie pas la manipulation.
Je dis juste que tout est manipulation.

Nuance.

Mais cette nuance,
est-ce qu’elle va être comprise ?

Ou est-ce qu’on va décider de retenir :

« Il dit que tout est manipulation, donc il justifie la manipulation. »

Je serais pas surpris.
Sauf toi qui lis ça sur ❤️ Substack.
Toi, t’as lu la nuance.
...n’est-ce pas ?

Mais je réalise un truc. Je peux pas contrôler comment mon texte est lu. Je peux juste contrôler ce que j’écris.

Hmm…
Oui.
Mais non.

Parce que ce que j’écris est influencé par ce que j’imagine que les gens vont penser.

Je contrôle rien. Je contrôle pu rien pis ma santé mentale est sur le bord de me crisser dehors sans deux semaines de préavis.

Je suis juste en train de naviguer dans un brouillard d’injonctions contradictoires. Et j’espère sortir de l’autre côté pas complètement dissous ou carrément noyé.

…

…

— 🎭 I̵̦͝N̶̰̈T̷̢̛E̸̱͊R̶̰̕M̴̗̓I̶̘̾S̸̰̃S̷̱͝I̴̢̛Ö̶̰́Ņ̸̓ ⏸️ —

On est rendu à mi-chemin. Bin oui, chaque affaire à son milieu. Si tu te dis :

👉 “Déjà ?” → T’es un warrior du mental. On continue. 💪

🖕 “Enfin.” → Va pisser. Prends de l’eau. Scroll TikTok 5 hrs. 🤷 Whatever.

😵 “Pourquoi j’ai cliqué sur ça ?” → Bienvenue dans le club. On juge personne. 🤝

Fais ce que tu veux, moi j’dois en lâcher une.
On se rejoint de l’autre côté.

Tiens, pendant que j'suis aux toilettes, réponds à ça. Juste pour que je sache si t'es encore là.

Chargement...

( 💦 tssssshhhh…
shhhhhhhlop…
💦
pshhlop…
💦
💦 pshhh…………
psh
💦 )

🚽 FLUSH. 💦 Lavage de mains parce que j’suis civilisé.

P’tit coup de peigne.

Look peigné-dépeigné, tu connais.

Le genre où tu veux donner l’impression que tu t’en fous…
mais où t’as passé 10 minutes à placer tes mèches « au hasard ».

— Foutre performatif capillaire — 🤫😉

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AXE PHOENIX™
Renaître de tes cendres olfactives.

PROBLÈME DÉTECTÉ :
Tu sens comme un humain.
C’est inacceptable.

SOLUTION AXE™ :
On remplace tes phéromones par notre chimie brevetée.

INGRÉDIENTS :

  • Perturbateurs endocriniens (pour dérégler tes glandes)

  • Parfum synthétique (pour masquer qui tu es vraiment)

  • Gaz propulseur (parce que liquide c’est pas assez agressif)

RÉSULTATS GARANTIS :
✅ Ton système hormonal ne sait plus où il en est
✅ Les gens te sentent avant de te voir
✅ Tu paies 8$ pour détruire ton équilibre naturel

BONUS MASCULINITÉ™ :
On t’a convaincu que sentir chimique = viril.
Que masquer ton corps = confiance.
Que notre produit = ta valeur.

C’est pas vrai.
Mais ça marche.

AXE™ — Parce qu’être toi, c’est pas assez rentable pour nous.

⚠️ Peut causer irritation, perturbation hormonale,
et l’illusion que vaporiser = se laver.


(regard dans le miroir)

Ouin.
Je le sais.
La pub dure 30 secondes et moi j’en ai eu besoin que de 2 pour me dire :
« Ouais mais… ça sent quand même bon. »

Pis là, mon cerveau sort mon joker préféré :

“C’est pas tous les jours.”
“C’est pas si pire.”
“De toute façon, tout est toxique.”

Les études peuvent bien crier,
mon nez, lui, vient de gagner le débat.
J’appelle pas ça de l’hypocrisie.
J’appelle ça être humain dans un monde qui pschitte 💨 ses problèmes.

J’assume.

C’est weird, mais tu viens littéralement de lire un gars pisser pendant qu’il deal sa lucidité avec une dissonance cognitive.

On franchit des étapes. ⬆️🆙

…

Je reviens.
Bon, il est quelle heure avec tout ça ?

4h20.

Ben là, parfait timing.

J’me roule un bat — Indica mode.

…

— KOF·KOF…
KRRRKH…
HACK HACK…

(C’est juste une p’tite toux.)

…

…

Ok.
On se retrouve. High five. ✋😄

Seulement si tu t’es lavé les mains. Injonction hygiénique conditionnelle. Même pour un high five virtuel, y’a des règles.
Y’a toujours des injonctions.
Partout. KOF·KOF

— Partout²̵̱͝ —

Juste avant la pause, je disais que j’espérais sortir de l’autre côté des injonctions contradictoires pas complètement dissous. Encore vivant, quoi.

Bin… je suis encore là.

Non dissous.

— KOF·KOF

Juste un peu frosté.

Comme le tigre de Kellogg.

On respire…

C’est juste un texte.
C’est pas un vrai tigre.

C’est une histoire hallucinée.

— KOF·KOF… KRRRKH HACK…

Enfin, pas complètement.

C’est une expérience de pen — KOF·KOF KRRRKH HACK HACK… ...sée. Genre.

Je fais exprès de générer des vraies et des fausses émotions en — KRRRKH HACK KOF·KOF hhhhhhh — même temps. Pour voir ce que ça fait.
Pour voir si c’est possible de penser librement,
dans un monde où tout est injonction.

C’est juste un exercice.

Personne va mou — KOF·KOF·KOF KRRRKH KRRRKH HACK HACK HACK
hhhhhhhh
hhhh…
...rir.

Bin, peut-être moi, j’suis littéralement — KOF·KOF·KOF·KOF KRRRKH KRRRKH HACK HACK HACK KRRRKH…

— J’PEUX PU RESPIRER —

MAYDAY · MAYDAY · MAYDAY

— KOF·KOF
hhhhhh
...j’suis litté — KOF·KOF — ralement en train de m’é · touf · fer.

Ok. Ça va mieux. Je crois.
Non, attends ⏸️ — KOF·KOF — shit — KOF·KOF — donne-zy du gaz.
...
Ok. Ça va.
Coudonc, j’ai fumé quel weed ?
...

Ah merde. Sativa.
Évidemment que j’me trompe de pot.
Évidemment que je choisis celui qui va m’angoisser.
Même mes fuck-ups sont scriptés.
Anyway. Pas grave. On continue.

Pis là, comme un boomerang dont je suis incapable de me débarrasser, une voix revient :

« Ouais, mais tu vas quand même le publier. »
« Donc c’est pas juste un exercice. »
« Tu veux quand même quelque chose. »

Ah non.
Ça recommence.

Ok. Nouvelle descente.

— ⚠️ Je me déresponsabilise de ce qui peut arriver à ta santé mentale à partir d'ici —

Et si j’acceptais juste que je suis en train de tourner dans un paradoxe ?

— OK.

Silence. Caméra intérieure. Moteur.

3…

2…

1…

🎬 ACTION.

Que je peux pas m’en sortir.
Que quoi que je fasse,
y’aura toujours quelqu’un pour me dire que j’ai tort.

Et si j’acceptais ça ?
Et si je publiais quand même ?
Pas parce que je m’en fous.
Mais parce que je refuse de me taire
à cause de ce paradoxe.
Parce que me taire, c’est aussi une décision.
Et cette décision, elle est influencée par les injonctions.

Donc de toute façon, je suis jamais libre.

Donc autant faire quelque chose.

Même si c’est imparfait.
Même si c’est mal compris.
Même si je me trommpe.

🎬 COUPEZ.

🤬 (C’EST QUI QUI A LAISSÉ UNE FAUTE D’ORTHOGRAPHE TRAÎNER, ON L’AVAIT, LA SHOT ÉTAIT PARFAITE… ESTI. FAUT TOUTE AR’COMMENCER.)

— 🤬 ON LA REPREND.

(Un silence.)

— 📋✋Non. On peut pas.

Si on déborde d’une minute, tout le monde tombe en overtime.

Les techniciens. 🎥
Les comédiens. 🎭
Les fluffers. 😮
Tout le monde. 👨‍👩‍👧‍👦
Le budget suit pas. 🚫

C’est fini pour aujourd’hui. ⏹️

…

— 🤬 AH BIN TABAR…

J’ai même pas eu le temps de savourer ma colère
qu’un lecteur imaginaire se pointe.

Un homme blanc, la quarantaine,
qui lit ce texte et qui pense :

« Ce type, il se la joue victime du système. »
« Mais il a tous les privilèges. »
« Il peut publier ce qu’il veut. »
« Personne le censure. »

Et je lui réponds, dans ma tête encore un peu fâchée:

« T’as raison. »
« J’ai des privilèges. »
« Mais les injonctions, elles existent quand même. »
« Elles sont juste différentes. »

Et lui, il tique.
Il est pas convaincu.

Il pense que j’essaie de me mettre
au même niveau que des gens qui souffrent vraiment.

Pis juste avant qui s’sauve, il me crie :

« C’est ben beau ton cinéma,
mais publie-le donc, ton esti de texte. »

— WHAT —

C’est au tour d’une femme imaginaire d’apparaître.
(Ah non… pas elle.)

Elle squatte ma voix sans faire la file.

Elle lit ce texte.
Elle devrait être d’accord avec moi.
On est dans le même camp, théoriquement.

Mais elle grince un peu.
Quelque chose la dérange.

Je lui demande :

« Quoi ? »

Elle dit :

« Ton ton. »
« T’es un peu agressif. »
« Un peu condescendant. »

Et je réponds :

« Mais c’est pas toi que je vise. »
« C’est le système. »
« C’est les injonctions. »

Elle dit :

« Ouais, mais ça ressemble quand même à une attaque. »

Je me sens mal.
Parce que je voulais pas la blesser.
Mais en même temps,
je peux pas écrire un texte qui plaît à tout le monde.

Donc je fais quoi ?

Je me tais ?
Je lisse mon propos ?
Je m’excuse d’avance ?
Je plie un Costco ?

— WTF
— J’voulais juste savoir si tu suivais toujours.
— 🙋‍♂️

Pis là, je pige de quoi.

C’est pas elle que j’ai blessée.
C’est le personnage qu’elle défendait.
Le rôle qu’elle joue. Son rôle social.

Celui qui dit “qu’il faut” être gentil.
Celui qui dit “qu’il faut” pas faire de vagues.
(Bin oui, y en a qui paniquent dès qu’une goutte sort du cadre.)

Celui qui dit aux autres de se foutre de tout.
Celui qui juge ceux qui y arrivent pas.

Mais elle, en dessous, elle est qui ?
Je sais pas.

Et moi, sous de mon personnage,
je suis qui ?

Je sais pas plus.

Ce que je sais par contre, quand ça gratte, mon cerveau dit :
“ok, pis toi t’es où dans tout ça ?”
Pis il commence à se décortiquer avant même que je lui aie demandé.

Ce cerveau-là, c'est pas moi.
C'est un rôle que j'ai intégré.
Et un rôle, ça parle en injonctions.

Celle qu’on lance sans réfléchir.
Celle qu’on donne comme si c’était simple.
Comme si c’était juste une question de volonté.

L’injonction « fous-toi-en ».

Pourquoi elle existe ?
Pourquoi on la dit aux gens ?

Parce qu’on pense qu’ils sont paralysés.
Qu’ils osent pas.
Qu’ils ont peur.

Donc on veut les libérer.

C’est beau, en fait.
C’est généreux, même.

Le problème,
c’est que cette injonction, elle arrive jamais seule.

Elle arrive avec toutes les autres. Toutes les règles non-dites.
Tous les « oui, mais ».

Et au final, elle libère pas. Elle oppresse. Parce qu’elle crée une attente. L’attente que tu vas enfin oser. Mais oser de la bonne manière.

— Pas trop —
— Pas mal —
— Juste assez —

Et si tu te trompes, c’est ta faute. Parce qu’on t’avait dit de t’en foutre. Donc, si t’y arrives pas, t’es faible. Ou pire : c’est que tu joues la victime.

Et qui se pointe ?

…

Ah ouais… Toi aussi t’as senti, hein ?

— ⚖️ C̸̨̛U̷̢͝L̴̰̈P̶̱̊A̸̰̕B̷̢̛I̴̘͊L̶̰̃I̵̱̾T̴̢̛Ḛ̶́́ ⚖️ —

Parce que peut-être que je joue la victime.
Peut-être que je complique tout.

Peut-être que je devrais juste...
écrire.

Sans me poser de questions.

Mais comment je fais ça ?
Comment j’arrête de penser ?
Comment j’arrête d’anticiper les réactions ?
Comment j’arrête d’avoir peur ?

Je sais pas.

Tout le monde me dit de m’en foutre,
mais personne m’explique comment.

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TON CHAR PUE.

On va pas se mentir.
Ça sent :
- Le café renversé (mardi passé)
- Les frites McDonald's (semaine dernière)
- Le chocolat fondu qui sent maintenant le vomi (l’année passée)

FEBREZE SMALL SPACES™
ne règle AUCUN de ces problèmes.

Mais il diffuse un cocktail de :
- Benzisothiazolinone (conservateur toxique, mais efficace)
- Limonène (sent le citron, irrite les poumons)
- Linalool (allergie garantie chez 12% de la population)

On a créé une odeur chimique
que ton cerveau va ASSOCIER à "propre"
parce qu'on te la vend depuis 20 ans.

C'est du conditionnement pavlovien.
Mais en spray.

TU VAS L'ACHETER PARCE QUE :
1. Nettoyer ton char = 2 heures
2. Plugger ce truc = 4 secondes
3. Ton cerveau préfère le mensonge rapide

FEBREZE SMALL SPACES™
Transforme ton char en chambre à gaz parfumée. 🚗💨

⚠️ Ne pas ingérer. Ne pas vaporiser directement sur la peau.
Tenir hors de portée des enfants, des animaux,
et de toute personne avec un système respiratoire fonctionnel.


Parce que si tout le monde s’en foutait vraiment,
il y aurait pas autant de :

mémérage · jugements · couteaux dans le dos ·
hypocrisie · sarcasme · remarques passives-agressives
et règles implicites kafkaïennes, absurdes mais obligatoires.

Traduction :

« C’est comme ça, la vie. »
« Fais comme tout le monde. »
« Sois raisonnable. »

Le monde s’en fout pas tant que ça. Et quand quelqu’un s’en fout vraiment,
on le punit. Parce que la manière dont il s’en fout, dérange.

Donc l’injonction « fous-toi-en », c’est un mensonge.
Un putain piège à con. Une manière de tester qui est capable
de naviguer les règles non-dites.

Et ceux qui y arrivent pas,
on les éjecte…

Autisme.

Merde, ce mot vient de tomber sans ma volonté.
Je le laisse là ?
Je le développe ?

Ah pis tiens, j’m’en fou, il est sorti tout seul.

…

Minute ⏸️ lepidoptera 🦋

Le fait que je doive analyser toutes ces règles à voix haute...
Que je doive cartographier chaque injonction comme si c’était un système étranger...

C’est peut-être la preuve.

Les neurotypiques vivent ces règles.
Moi, je les étudie.

Bienvenue à destination.
Je vous présente… le piège.

Peut-être que j’ai besoin de l’injonction pour exister.
Genre, sans le « Fais pas ça », je serais qui ?
Un gars qui scroll son cell en parlant à quelqu’un ?
Un gars qui tripe parler de température ?
Un gars qui lave ses essuis-tout ?
Un gars qui remet le sable de ses souliers dans un petit pot parce que c’est « son » sable ?

Sans ce « Fous-toi-en » qui me pollue,
sans ce système de règles à décrotter…
je n’aurais peut-être jamais cherché ma propre voix.
Sans ça, j’aurais juste été mon ombre.
Une ombre se pose jamais de questions.
Elle suit juste.

Mon cerveau a besoin d’un os à ronger pour trouver son chemin.
Tsé, enlève-moi les murs, pis je sais même plus où aller.

Je suis comme une machine à boules :

la boule,
la machine,
pis le gars en TABARNAK quand la bille passe entre deux flippers.

Je me joue moi-même,
je me perds moi-même,
pis je m’enrage contre moi-même.

Techniquement, tu ne peux jamais perdre, mais on va travailler fort pour que tu l’oublies.

— Multijoueur solo —

Tu vois, ce texte, c’est aussi un voyage
dans un cerveau…

— TDAH —

– Tu m’étonnes.

…Attends. ⏸️

C’est qui qui vient de dire ça, là-là?
Toi ?
Moi ?
Le gars qui a inventé les injonctions ?
M.Kellogg ?
Un Saguenéen ?

⚠️ Erreur 4̴0̶3̷ : pensée t̸r̶o̴p̷ r̸a̶p̷i̸d̶e̴.̷

Je suis pogné là-dedans :

Un cerveau qui skip. Qui vire de bord. Qui oublie où il allait.
Qui revient. Qui repart. Qui s’arrête sur un détail pour aucune raison “noRmal”.
Qui développe une idée pendant trois paragraphes.
Qui la sacre là. Qui se trouve poche de l’avoir lâchée.
Qui continue quand même.

Un cerveau qui refuse la linéarité qu’on lui impose.
Qui refuse de « faire simple ».
Qui refuse de « conclure proprement ».

Parce que la pensée, elle est pas linéaire.
La vie, elle n’est pas linéaire. Elle est pas propre.

— Elle est flambant sale —

Et pourtant, on demande aux gens
d’écrire linéaire. De penser linéaire.
De conclure. De fermer.

Mais moi, je ferme pas.
Je laisse ou v e r t.
Parce que c’est plus honnête ?

Ou… j’ignore comment finir mes affaires ?

Les deux, I guess.

…

— KOF·KOF…

…

Vous trouvez ça lourd, hein ?
Tout ce bruit. Cette toux que je ne contrôle pas. Lol.
Toutes ces spirales.
Ces phrases qui repartent avant d’arriver quelque part.

…

Un « quelque part » que vous appelez « nulle part »,
juste parce que ça ne ressemble pas
à une destination valide
sur la carte des injonctions officielles.

Vous vous dites peut-être :

« Bon, ok, on a compris.
T’es TDAH. T’es autiste.
T’es conscient des injonctions.
Mais est-ce que tu pourrais juste… écrire quelque chose de clair ?

Genre un vrai texte.
Avec une structure.
Un concept.
Un arc narratif qui se tient.

Pis arrête avec tes fausses pubs,
des plans que les gens commencent à y croire.

Écris un truc qui prouve que t’es pas juste
en train de te masturber intellectuellement
dans le vide… pour te rassurer. »

Ok.

Je vais faire ce qu’on attend de moi.

Sortir du bordel que la société essaie de corriger à coup de pilules.
Arrêter de me décortiquer en public.
Pis finir mon histoire comme du monde.

Et si je finissais l’histoire de Marc ?
S’il choisissait d’écouter son futur lui-même ?
Et si on voyait ce qui se passe après ?

Parce que moi aussi, j’ai envie de savoir.

Qu’est-ce qui arrive
à quelqu’un qui obéit à l’injonction du futur ?
Qui accepte de se taire.
D’attendre. De ne pas publier.

Ok.

On y retourne…

…
…cli—
…clik…clik…
…cliiiiii—
…shhhhhhhhhhh…
…shhhhhhhhhhh…
…shhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh…

À Suivre ou pas…

…

…

🎭✨ 👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏👏 ✨🎭
🙏 🙇‍♂️ 🙏

Dérangé ? Prouve-le-moi.

Ferme ce texte. Maintenant.
Fous-toi-en. C'est ton conseil, non ?

...

Tu lis encore.

Intéressant.

Tu n'arrives pas à appliquer à toi-même 
ce que tu prescris aux autres.

Tu prêches le détachement mais tu restes attaché.
Tu vends la liberté mais tu es piégé.

Cette sensation inconfortable que tu ressens,
cette tension entre ce que tu dis et ce que tu fais,
ça s'appelle la dissonance cognitive.

Et le pire ?

Maintenant que tu le sais,
maintenant que c'est conscient,
tu vas quand même continuer à donner ce conseil.

Parce que c'est plus facile de manipuler les autres
que d'admettre que tu te manipules toi-même.

Deal with that. 🫶😉

Derrière le mur

À partir d’ici, j’ai placé derrière ce maudit mur quelques graines.
Et non, ce ne sont pas des picdick, je les garde pour mon OnlyFans.

Si ça te dit: onlyfans.com/FeetPicsButMakeItPhilosophy


Si t’as envie de voir ce qui pourrait y pousser, tu sais quoi faire.

T’aurais aimé connaître la suite de Marc ?
Je l’ai commencée. C’est pas la version finale, mais pas loin. Si t’as envie de savoir où je comptais m’en aller avec ça, je te propose un extrait de la direction que ça prendra.

Éventuellement, je vais publier la suite.
Si t’as des idées, un flash, ou une crampe au cerveau, parlons-en.

J’ai aussi laissé les images que j’ai générées mais rejetées.
Les versions alternatives de ce que t’as vu.

Peut-être meilleures.
Peut-être pires.
Peut-être que j’ai fucké mon jugement.

Si t’as une opinion, genre

« man t’aurais dû mettre celle-là au lieu de celle-ci »

— je vais écouter.

J’ai aucun ego là-dessus. Les images, c’est pas moi qui les ai dessinées. Je les ai réfléchies, mais j’y ai aucun attachement viscéral. Si plusieurs personnes sont d’accord, pourquoi pas les swapper, surtout si l’expérience de lecture en est meilleure.


L’éléphant dans la pièce

C’est poche, oui.
Mais c’est pas moi qui invente les règles
de notre bienveillante société.

Et là, tu te dis peut-être :

« Esti, il vient de passer tout ce texte à critiquer
le système de monétisation de l’anxiété créative,
pis là il met un paywall. »

Exact.

Bienvenue dans la dissonance cognitive.

Je te l’ai nommée tantôt.
Maintenant je te la vis en direct.

Parce que voilà ce qui se passe quand tu essaies
de sortir du labyrinthe :

Tu finis par vendre des tickets d’entrée.

C’est pas que j’ai trouvé la sortie.
C’est que j’ai accepté d’être le guide touristique du piège.

Si ça te tente de financer ça… ou te salir un peu en partageant.

Clique.

(Spoiler : même si tu cliques, tu trouveras pas la sortie non plus. Juste d’autres labyrinthes.)

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